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"Musique Monochrome" - Jungle Juice, Juillet 2015 - Texte intégral

July 24, 2015

Musique monochrome

Stéphane Bissières, pour le magazine Jungle Juice, Juillet 2015

 

"Une couleur, une nuance et une valeur uniques.

 

Qu'est-ce que serait une musique monochrome? Comment développer une approche graphique de la musique? On dit d'un monochrome en photographie qu'il repose sur la tonalité, les motifs, la texture et les formes, la composition et la dynamique, comme pour une musique. Que l'on évoque l'image de façon symbolique à travers une composition musicale ou que l'on joue avec la physique de la lumière et du son, la recherche du monochrome est une recherche de radicalité et d'épure. 

 

On pourrait ainsi essayer de transposer des propriétés physiques d'ondes lumineuses aux ondes sonores, deux phénomènes vibratoires qui ont beaucoup en commun et s'échangent du vocabulaire. (Par exemple en lumière l'onde harmonique désigne l'onde lumineuse monochromatique, mais on parle aussi de mouvement chromatique entre deux demi-tons en musique). Ainsi la fréquence vibratoire définit à la fois la couleur d'une onde lumineuse et la hauteur d'un son, on passe simplement du spectre visible au spectre sonore en diminuant plusieurs millions de fois la fréquence d'une vibration. Une lumière rouge vibre à une fréquence d'environ 790 Téra Hertz (790 millions de millions de battements par seconde) alors que la tonalité téléphonique est un La à 440 Hertz (440 battements par seconde). En suivant ce parallèle, une musique monochrome serait réalisée à partir d’une hauteur unique, une seule note. A l'image de certains travaux des peintres Mark Rothko ou Pierre Soulages, il reste tout le champ dynamique pour composer avec les variations d'intensité, les enveloppes et les motifs rythmiques.


Certaines musiques traditionnelles, tribales et électroniques réduisent la mélodie à quatre, deux, voire une note pour ne conserver que le ton, le rythme et l’énergie. Pour John Cage, le monochrome c'est le silence, lorsqu'il parle de sa pièce 4'33 et du «monochromatisme en musique». Un peu comme une photo moirée de gris et presque totalement noire, le silence en serait la composante principale mais elle est en fait constituée de sons de l'environnement que les auditeurs entendent lorsqu'elle est interprétée. 

 

Symbole de pureté, de dénuement, ou même de deuil, le monochrome c'est l'absence, c’est neutraliser le lyrisme et l’emphase pour une expression crue et sans fard. Il faut parfois enlever la couleur à une image pour qu'elle gagne en force ce qu’elle perd en séduction."

 

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